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Consultation nationale des équipes pédagogiques

Des points forts du projet de programmes 2008

par Frédéric Puzin, inspecteur de l’éducation nationale

LE PROJET DE PROGRAMMES 2008

Il faut insister sur le fait que des nouveaux programmes ne sont ni meilleurs, ni moins bons que les précédents. Ils sont d’abord l’expression d’une politique que les enseignants doivent appliquer avec loyauté et professionnalisme.

La consultation engagée par le ministère auprès des écoles, des professionnels, permet les ajustements nécessaires pour optimiser le projet.

Ces programmes veulent introduire une culture du résultat, c’est à dire que l’école primaire se dote d’instruments de mesure fiables qui lui permettent de mieux orienter ses efforts et ses moyens dans l’objectif de faire réussir tous les élèves.

Pour cette raison notamment, les objectifs sont précisément déclinés par année en français et en mathématiques.

Les enseignants devront donc rendre compte régulièrement des acquis de leurs élèves. L’enseignement est orienté vers l’acquisition des savoirs de base.

Dans le projet 2008, les désignations des classes sont nettement réintroduites du CP au CM2, en parallèle à l’usage des dénominations de cycle traditionnelles (premiers, fondamentaux, approfondissements).

On peut relever l’absence de toute référence à la transversalité, l’emploi continu du mot d’ « enfant » pour désigner ceux qui fréquentent l’école maternelle, son emploi plus rare en CP, et le passage au terme d’ « élève » dans tout le reste des instructions. 

Les nouveaux programmes sont plus courts : environ 36 pages contre 104 précédemment.

Ils sont écrits dans un langage qui se veut accessible. Le ministre souhaite que chacun, enseignant ou parent, connaisse ce que les élèves doivent avoir acquis au terme de chaque année scolaire.

C’est un choix qui avait été fait en 1986 par Jean-Pierre Chevènement pour les programmes 1985-1986 qui avaient été publiés pour la première fois en livre de poche peu épais. Les programmes suivants (1995-2002) n’ont pas tranché entre le document « compréhensible par tous » et « l’outil de travail » pour les enseignants qui devient nécessairement plus complet et surtout plus complexe. Les programmes qui mêlent les directives pédagogiques et les objectifs de connaissances souffrent d’une lisibilité et d’un accès réduit aux spécialistes.

Les programmes intègrent les objectifs du socle commun.

La liberté pédagogique de l’enseignant est rappelée. Le ministre insiste sur ce point, exigeant en retour que cette liberté de choix soit associée à des résultats.

Projet 2008  : « (…) laissent cependant libre le choix des méthodes et des démarches, témoignant ainsi de la confiance accordée aux maîtres pour une mise en oeuvre adaptée aux élèves. » (MEN)

Programme 2002-2007  : « (…) s’inscrivent dans la tradition qui consistait à expliciter de manière détaillée non seulement les contenus d’enseignement arrêtés, mais aussi les méthodes et l’organisation des activités susceptibles de les appliquer de manière efficace et cohérente. » (MEN)

Ce qui expliquait l’importance du volume de leurs prescriptions.

Les horaires

il n’y a plus d’horaire minimum et maximum en français et mathématiques, mais un horaire unique pour chaque discipline. Ce qui revient à une pratique antérieure aux programmes de 1995. Pour les programmes 2002 (cycle 3) : Français : horaire minimum (6 heures), horaire maximum (8 heures)

Nouveaux programmes (du CE2 au CM2) : Français : horaire (8 heures) donc porté à l’amplitude maximum.

Les horaires obligatoires de l’école élémentaire (24 heures) mettent la priorité sur le français (10h au CP et au CE1 et 8h au CE2, CM1 et CM2) et les mathématiques (5 heures du CP au CM2).

Les apprentissages

Des progressions annuelles détaillées

Les programmes insistent sur les apprentissages fondamentaux : le français et les mathématiques.

Pour ces deux disciplines des progressions annuelles détaillées du CP au CM2 sont proposées et donc reviennent sur les dispositions de progressions plus souples et différenciées à l’intérieur du cycle pour les centrer sur l’année scolaire.

Il faut noter que ces progression sont proposées et permettent ainsi aux maîtres de disposer d’un pilotage plus serré de leurs progressions pédagogiques. Le mot « progressivement » est employé 30 fois dans le bulletin officiel consacré au projet de programmes de 2008.

Des termes plus simples sont employés dans l’optique de se faire comprendre de tous et particulièrement des familles. On évite le jargon professionnel.

En français, on retrouve un enseignement explicite de la grammaire, du vocabulaire et de l’orthographe du CP au CM2. C’était déjà une réintroduction dans la modification des programmes 2002, intervenue en 2007 et « l’observation réfléchie de la langue » est bien supprimée comme en 2007.

Dans le même esprit, la récitation et la rédaction sont réintroduites.

Pour autant, mémorisation, étude de beaux textes du patrimoine, et expression écrite n’avaient jamais été abandonnées.

Pour la lecture, Le projet est moins prescriptif que le précédent programme. Il indique des axes, des objectifs, ne détaille pas les techniques pédagogiques et laisse ouverte la possibilité de démarches d’apprentissages qui ne soient pas purement syllabiques. Travail sur le code et travail sur le sens sont mis en parallèle.

Programmes 2002-2007 (cycle 2)  : « Pour pouvoir identifier les mots par la voie indirecte, les élèves de l’école élémentaire, qui ont commencé à comprendre la manière dont fonctionne le code alphabétique, doivent mémoriser les relations entre graphèmes et phonèmes et apprendre à les utiliser.(…) A la fin du cycle des apprentissages fondamentaux, les élèves doivent utiliser de manière privilégiée la voie directe. (…). Cet accès direct suppose que les élèves aient mémorisé la forme orthographique de très nombreux mots (…).

Projet 2008 (CP et CE1) : « Dès le cours préparatoire, les élèves apprennent à déchiffrer et écrire seuls des mots déjà connus. Cet entraînement conduit progressivement l’élève à lire d’une manière plus aisée et plus rapide (déchiffrage, identification de la signification). »

En mathématiques, les programmes sont organisés autour des 4 grands domaines reconnus internationalement (Nombres et calcul, Géométrie, Grandeurs et mesures, Organisation et Gestion de données, c’est-à-dire utilisation de tableaux, de graphes).

C’est une conséquence des travaux d’harmonisation et d’évaluations internationales. Si la France veut améliorer ses résultats dans les évaluations internationales, il faut que les élèves bénéficient d’un enseignement correspondant aux domaines évalués.

L’apprentissage des techniques opératoires est anticipé : l’apprentissage de la multiplication et de la division sont débutés avant la fin du CE1

La multiplication de deux nombres décimaux et division décimale en CM2,

L’importance du calcul mental, la règle de trois, comme l’apprentissage de la construction des figures géométriques de base est rappelé.

Le ministère insiste sur le fait que dans les programmes 2002, on allait plutôt des problèmes aux connaissances.

« Au cycle 2, les élèves acquièrent le sens des nombres et des opérations à travers la résolution de quelques grandes catégories de problèmes. »

Au cycle 3 : « L’élaboration des connaissances se réalise au travers de la résolution de problèmes. »

Dans le programme 2008 on préconise plutôt d’aller des connaissances à la résolution des problèmes.

Au CP et au CE1, « Les automatismes en calcul sont créés aussi tôt que possible, en particulier la première maîtrise des opérations qui est nécessaire pour la résolution des problèmes. » A partir du CE2 : La résolution de problèmes permet « d’approfondir et de mobiliser ses connaissances. »

L’horaire d’EPS est augmenté à 4h par semaine.

Pour les autres disciplines (sciences, histoire-géographie, pratique artistique), l’horaire est resserré car s’il reste 24 heures obligatoires au lieu de 26, tout en maintenant la priorité au français et aux mathématiques et en augmentant l’horaire de l’EPS, ce n’est pas possible de garder les mêmes contingents horaires dans tous les domaines.

Il faut considérer, de plus, qu’1 heure ½ de langue étrangère est venu s’inclure dans le contingent horaire du cycle 3 depuis quelques années.

Les programmes ont été recentrés sur des fondamentaux.

L’histoire des arts est introduite et c’est une innovation majeure, le programme est précis et permet d’aborder des notions patrimoniales, historiques, esthétiques et artistiques bien dans l’orientation de la culture humaniste du socle commun.

Cette initiation à l’histoire des arts est introduite dès le cours préparatoire. Il y a un programme précis à partir du CE2 en lien avec l’étude des six périodes chronologiques du programme d’histoire.

Un horaire spécifique lui est attribué au cycle 3 (au minimum 20 heures annuelles sur trois ans en liaison avec l’histoire, la pratique artistique et le français).

 

L’histoire

Projet 2008 (CP et CE1) : « Ils mémorisent des repères chronologiques : grandes dates et personnages de l’histoire de France ; ils prennent conscience de l’évolution des modes de vie. »

Projet 2008 (du CE2 au CM2) : Six grandes périodes de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

Le programme est centré sur l’histoire de France et fournit « une liste de repères indispensables (personnages et événements) » dans l’ordre chronologique.

Au cours moyen, les nouveaux programmes font place à l’étude de : - La traite des Noirs et l’esclavage, ainsi que l’abolition de l’esclavage. - L’extermination des Juifs et des Tsiganes par les nazis : un crime contre l’humanité.

Ces deux dernières questions étaient des points forts du programme de 2002 mais avaient perdu cette priorité dans la modification 2007. Ils reprennent une place notable dans le programme.

La géographie

Projet 2008 (du CE2 au CM2) : « Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale et nationale ; ils visent à identifier et connaître les principales caractéristiques de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial. »

Les sciences

2002-2007 (cycle 3) : L’éducation à l’environnement et au développement durable est un des huit thèmes du programme.

Projet 2008 (du CE2 au CM2) : l’éducation au développement durable est intégrée dans chacun des 8 thèmes d’étude.

L’instruction civique et morale remplace l’éducation civique

L’emploi du mot instruction veut introduire une action plus volontaire du maître sur le domaine spécifique de la formation du citoyen et des exigences morales. L’instruction implique des contenus clairs que le maître doit transmettre et faire adopter. Le recours au maximes, préceptes simples à mémoriser, ne méconnaît pas les besoins de l’exemplarité du maître, du besoin de débats et d’explications.

Le programme d’instruction civique et morale inclut donc un enseignement de la morale, la connaissance des symboles de la République française, et pour la première fois celle des symboles de l’Union européenne.

L’école maternelle

« L’école maternelle a pour finalité d’aider chaque enfant, selon des démarches adaptées, à devenir autonome et à s’approprier des connaissances afin de réussir les apprentissages fondamentaux, principalement en lecture, en écriture et en calcul, au cours préparatoire. »

La priorité donnée à la maîtrise de la langue orale est réaffirmée.

La découverte de l’écrit fait l’objet d’une attention particulière et on attend une familiarisation avec l’écriture cursive en grande section.

L’école maternelle doit également aider l’enfant à « devenir progressivement un élève » et à acquérir les premières bases d’un comportement fondé sur les règles de la morale. Entendue ici aussi comme une « éducation morale ». Une attention particulière sera apportée aux fondements moraux de ces règles de comportement, tels que le respect de la personne et des biens d’autrui, de l’obligation de se conformer aux règles dictées par les adultes ou encore le respect de la parole donnée par l’enfant.

Le projet de programme veut respecter la spécificité de l’école maternelle est respectée en matière de démarches et de méthodes.

Les programmes détaillent les progressions de la petite à la grande section dans le domaine de l’appropriation du langage et de « la découverte de l’écrit ».

Le cycle 1 inclut toutes les sections de l’école maternelle

Il faut noter l’annonce du placement de la grande section dans le cycle 1, ce qui met fin à une situation ambiguë. L’objectif était d’abord de mettre en œuvre une liaison maternelle-élémentaire très défaillante avant l’instauration des conseils de cycles communs (cycle 2) obligatoires.

L’intégration de la grande section au cycle 1 pose la question des conditions de la liaison maternelle-élémentaire.

Jusqu’à la rentrée prochaine, la grande section fait encore partie du cycle 2 institutionnellement tout en étant part de la maternelle où le cycle 1 est prépondérant. Le maître de grande section doit suivre les conseils du cycle 2 avec les maîtres de CP et de CE1. En pratique sur les 18 heures possibles, il en suit 6 ou 9 au mieux et sinon reste souvent en réunion de cycle 1 dans son école.

Il n’est pas simple d’expliquer ce « tuilage » subtil.

Il faut évaluer le niveau de chaque élève au début de la grande section. A t-il terminé les apprentissages de cycle 1 ? Si non, il est toujours en cycle 1 comme la quasi-totalité de ses camarades de classe.

Pour ceux qui peuvent entamer les apprentissages fondamentaux systématisés et qui sont donc arrivés au bout des compétences attendues en fin de cycle 1, le maître devrait au sein de la GS mettre en place les conditions de début des apprentissages du cycle 2. En fait, on continue à faire passer de façon anticipée les enfants de moyenne section en CP quand on les sent prêts aux apprentissages fondamentaux.


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